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Nouvelle ère pour les collections : Enjeux et solutions émergentes

Le budget consacré aux périodiques par les grandes universités nord-américaines a crû quatre fois plus vite que l’inflation depuis 1986. Ce rythme est insoutenable. L’édition scientifique est concentrée dans les mains de cinq multinationales qui, en 2013, ont publié plus de la moitié des articles savants dans le monde. Cette situation d’oligopole leur permet de fixer les règles et de dégager d’intéressantes marges bénéficiaires.

 

Revenus ($ US) Profits ($ US)
2015 2016 2017 2015 2016 2017
RELX (Elsevier) 8,8 milliards 8,5 milliards 9,9 milliards 1,5 milliard 1,4 milliard 2,2 milliards
Springer Nature N/A N/A N/A N/A N/A N/A
John Wiley & Sons 1,8 milliard 1,7 milliard 1,7 milliard 177 millions 146 millions 114 millions
Informa (Taylor & Francis) 1,8 milliard 1,7 milliard 2,4 milliards -11 millions -82 millions 254 millions
Sage Publications 2,2 milliards 2 milliards 2,5 milliards 295 millions 270 millions 402 million

Source : Orbis

Pour en savoir plus sur la problématique, voyez le documentaire « Paywall: The Business of Scholarship » (Le mur payant de l'édition scientifique)

La situation à l'UdeM

Le modèle d’affaires préconisé par les éditeurs commerciaux est un forfait d’abonnement couvrant la totalité de leurs périodiques. C’est ce que nous appelons les grands ensembles, les « big deals » en anglais. Ce modèle emprisonne les bibliothèques dans une stratégie du « tout ou rien ». C’est pourquoi elles maintiennent l’abonnement à ces grands ensembles, en dépit de l’inflation démesurée et au détriment des autres pans de collections, notamment :

  • des livres;
  • des abonnements individuels de périodiques.

Nous avons atteint le point de rupture en 2012-2013 où les périodiques ont complètement monopolisé le budget des collections. Le remaniement de la collection de périodiques, notamment par la déconstruction des grands ensembles, s’avérait incontournable.

Crise dans l'édition savante

La situation de crise entourant l'édition savante n'est pas propre à l'UdeM, c'est un enjeu mondial. Une forte mobilisation de l'ensemble des acteurs - professeurs, étudiants, administrateurs universitaires, organismes subventionnaires et gouvernements - sera nécessaire pour la régler.

Il faut vraisemblablement oser :

  • encourager la publication dans des revues en libre accès;
  • cesser d’alimenter les éditeurs commerciaux;
  • remettre en question la prédominance du facteur d’impact comme mesure d’évaluation de la qualité de la recherche;
  • reconnaître la publication en libre accès lors des décisions en matière de promotion des professeurs;
  • favoriser des modèles d'affaires où l'on finance à la base les revues en libre accès comme solution de rechange aux pratiques commerciales.

À leur échelle, les Bibliothèques de l'UdeM contribuent à ce mouvement. Nous souhaitons :

  • démocratiser l'accès au savoir;
  • mettre en valeur les connaissances produites à l'Université de Montréal;
  • tester de nouveaux modèles d'affaires pour la publication en libre accès.

Solutions émergentes

Les bibliothèques UdeM posent des gestes concrets pour reprendre le contrôle de la diffusion des connaissances scientifiques et sortir de la crise de l'édition savante, notamment en favorisant l’émergence du libre accès.

Consortium Érudit

Les bibliothèques UdeM accompagnent le consortium Érudit dans la mise en place d'un nouveau modèle de publication scientifique par un soutien financier et par la participation active du directeur général des bibliothèques comme membre sur le conseil d'administration.

L'Université de Montréal, ainsi que ses partenaires dans le consortium Érudit, l'Université Laval et l'UQAM, ont signé une entente inédite avec les bibliothèques universitaires membres du Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR) pour le soutien aux revues savantes et au libre accès.

Lire aussi : Le libre accès aux documents savants passe par Érudit

Papyrus

Le dépôt institutionnel de l’UdeM, Papyrus, permet aux professeurs, chercheurs et étudiants de rendre disponibles sur Internet, facilement, rapidement et gratuitement leurs prépublications, publications, communications et autres types de documents.

Les 19 325 publications savantes de Papyrus ont été consultées plus de 3 millions de fois en 2017-2018

Plateforme arXiv

Les bibliothèques soutiennent financièrement la plateforme en libre accès arXiv. Maintenu et alimenté par la Cornell University Library, arXiv permet le dépôt, l’archivage et la distribution d’articles de recherche scientifiques dans les domaines de la physique, des mathématiques et de l’informatique.

Lire aussi: Le libre accès fusionne avec la physique des particules

SCOAP3

Les bibliothèques UdeM ont adhéré au projet  SCOAP3. Cette initiative du CERN (laboratoire européen pour la physique des particules basé à Genève) a permis de convertir en libre accès dix périodiques en physique des particules.

Lire aussi: Le libre accès fusionne avec la physique des particules

Knowledge Unlatched

Les bibliothèques UdeM sont partenaires du projet Knowledge Unlatched, une initiative qui vise à rendre les livres disponibles en libre accès.

Lire aussi: Knowledge Unlatched: Le savoir en libre accès

Partenariat avec les PUM (2014-2017)

Les bibliothèques se sont associées aux Presses de l'Université de Montréal (PUM) pour mettre sur pied un projet pilote de publication de monographies en libre accès. Trente livres ont été publiés entre 2014 et 2017. Voir les titres dans Atrium

Lire aussi : Publications de livres numériques en libre accès à l'Université de Montréal

Campagne de communication du RCDR


Suite à l'adoption de la résolution déposée par les bibliothèques UdeM au Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR) lors de l'assemblée des membres de l'automne 2014, le RCDR a élaboré une campagne de sensibilisation qui vise la communauté universitaire canadienne, les organismes subventionnaires et le gouvernement, portant sur la crise de l'édition savante et leurs répercussions. C'est ainsi qu'a été créée la trousse de mobilisation des établissements.